LIVE REPORT

CURRENT 93

LE LIEU UNIQUE NANTES - 09/04/2006

 

« Nous sommes heureux d’être ici à Paris… euh Nantes pardon… pour notre premier concert en France depuis longtemps». Lapsus révélateur ?
Current 93 nous prend toujours un peu au dépourvu. Une date à Nantes, et ce dans le cadre d’un festival (IDEAL), dans une salle de musiques actuelles mais sur une scène nationale tout de même, celle de la biscuiterie dans l’usine réaménagée où se fabriquait les p’tits LU : le Lieu Unique…
Il existe deux cas de figure lorsque l’on assiste à ce genre de concert : soit on connaît le groupe par cœur et on sait à quoi s’attendre, soit on arrive à peine averti, l’œil et l'oreille vierges de toute habitude. Dans le deuxième cas de figure, on pourrait constater déjà que Current 93 n’est pas si méconnu que cela, du moins qu’il draine des fans en plus des gens curieux qui auront entendu dire qu’ils ne se produisent jamais dans les parages… Ensuite on pourrait se dire qu’outre les 6 musiciens accompagnant David Tibet (piano, violoncelle, violon, guitares, accordéon…), il n’y a rien à voir. Current 93 n’est pas un projet qui se regarde, mais qui s’écoute. Les paroles coulent généreusement, se font mystérieuses, narratives ou invocatrices. L’essence de l’univers du groupe se situe bien là, l’idée même de la présence d’un cadre visuel spécifiquement sombre n’a donc pas lieu d’être. On regrettera cependant que ce concept, s’il en est un, rende évidemment la prestation plus fade qu’elle ne devrait l'être. Difficile de plonger dans les contes et merveilles de Tibet sans le tableau qui va avec. Par ailleurs, les non anglophones auront bien du mal à être captivés, même si Tibet y met les formes et tente de communiquer sympathiquement avec le public, le chant reste très homogène d'un morceau à l'autre, à moins d'en comprendre le sens. Encore une fois, seuls les adeptes parleront le même langage que lui. C’est comme repartir avec la connaissance mais pas la sensation. On sait qu’on a assisté à quelque chose d’énorme, on a adoré être là et se laisser imprégner, mais on reste frustré que notre cœur n’en soit pas retourné pour autant.

Dawn